La démission du PMSD de l’Alliance Lepep semble avoir marqué les esprits et mérite qu’on analyse ce choix, probablement stratégique, de Xavier-Luc Duval de se défaire de ses divers engagements pour grossir les rangs de l’opposition parlementaire.
Si un désaccord portant sur la création d’une « Commission des Poursuites », visant à contrôler les décisions du DPP, semble avoir poussé le PMSD à plier bagage, tout spectateur attentif au jeu politique aurait pu prédire, sans trop de difficulté, que ce parti chercherait au plus vite le canot de sauvetage qui le sortirait d’un vaisseau prenant l’eau à grande vitesse. De nombreux signes montraient d’ores et déjà que l’Alliance Lepep n’avait d’alliance que le nom, et pour cause. Au cours des deux premières années de ce mandat infructueux, les Mauriciens n’ont cessé de subir une course à la célébrité se manifestant par la présence d’affiches et de bannières arborant « Xavier wish you a happy Eid-Ul-Fitr », ou encore « Thank you for the Budget, Pravind our Leader, Pravind Future Prime Minister », etc. Par ce culte de la personnalité, pratique courante pour accroître leur popularité, ces politiciens appartenant à une même alliance n’ont cessé de démontrer qu’une course aux voix les opposait, et toute course n’ayant qu’un vainqueur, que seul un héros national s’imposerait.
Si le divorce est aujourd’hui pratique courante dans l’intégralité des systèmes politiques, le départ du PMSD du gouvernement était-il vraiment nécessaire pour marquer la désapprobation de ses membres face à un projet de réforme constitutionnelle émanant, a priori, du MSM ? La réponse à cette question est négative. S’agissant d’une réforme constitutionnelle, le seul appel du Leader des bleus à ses membres de faire opposition à cette mesure aurait suffi à ce que la majorité requise des ¾ pour tout amendement à la Constitution ne soit pas atteinte.
Il est donc fort probable qu’une sortie des Bleus, sous étiquette de grands garants des valeurs proclamées et protégées par notre Loi fondamentale, ne pouvait qu’être une aubaine en ce qu’elle ferait les plus crédules oublier que le PMSD était solidairement responsable de l’échec cuisant essuyé par l’alliance à laquelle il appartenait. Le bilan 2014-2016 du ministère de la Culture n’en est-il pas un parfait exemple ? Si cette ruse semble pousser mes concitoyens à féliciter le PMSD pour son « courage », je préfère pour ma part rester prudent et garder à l’idée la leçon d’Euripide selon laquelle « les ruses ont été imaginées par les hommes pour venir en aide à leur lâcheté ».
Face à des adversaires politiques vieillissant au même rythme que leur population, et affaiblis du fait de l’absence totale d’un renouvellement d’idées, de valeurs, et de personnel (Chirac disait : « On ne fait pas de politique différente avec les mêmes hommes ». La formule la plus adaptée à l’île Maurice serait « on ne fait pas de politique différente avec les mêmes mentalités. »), mais aussi à une alternative politique nouvelle, mais insignifiante, le PMSD, qui est seul à avoir su rajeunir son image, n’en ressort que gagnant, pour ne pas dire renforcé de son départ.

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