En vieux routier de la politique, Aneerood Jugnauth sait que l’Histoire ne repasse pas les plats et qu’il doit laisser une large marge de manœuvre à son fils. 
Il ne peut pas rater l’occasion unique de faire accéder son fils à la Primature si celui-ci remporte son procès en appel. Il sait qu’il n’y aura pas une autre occasion et que son fils n’y arrivera pas par lui-même. Aneerood Jugnauth sait aussi qu’il doit faire vite.

Car, il faut laisser une grande marge de manœuvre au deuxième Premier ministre d’une Législature. Paul Bérenger n’avait pas suffisamment de temps pour imprimer sa marque et évoquer un bilan propre et personnel au moment des élections de 2005. Il a fait moins de deux ans comme Premier ministre. Dans notre tradition, le mandat d’une Législature, donc du Gouvernement par conséquent, est de 5 ans. Mais, tactiquement, il y a lieu pour le Gouvernement sortant d’organiser les élections de manière anticipée, pour prendre ses adversaires et l’opposition de vitesse. Ce qui fait que le mandat réel est dans les 4 années ou légèrement plus. En 2005, Paul Bérenger avait trop tardé pour organiser les élections. Aussi, Navin Ramgoolam a-t-il commis l’erreur, dans le sens purement tactique, lors des dernières élections de 2014 d’avoir mis du temps à émettre, un mois pratiquement, le décret fixant la date des élections. La campagne a duré ainsi deux mois au lieu d’un mois. L’opposition conduite par Aneerood Jugnauth a eu le temps de se mettre en place. L’année électorale est toujours mauvaise pour le Gouvernement. Tout est exploité à son encontre.

Au vu de ce qui précède, Pravind Jugnauth, s’il gagne son appel, accèdera, vraisemblablement à la Primature à un an et demi du mandat, ce qui signifierait qu’il lui resterait alors un laps de temps de 3 ans et demi, et comme les élections sont anticipées, il aurait alors 3 bonnes années entières. Ce qui reste politiquement correct pour manœuvrer électoralement.

Publicités