Les élections de Décembre 2014 ont créé une surprise et déjoué les pronostics basés sur de l’arithmétique électorale. L’électorat a choisi l’alternance et a rejeté le projet flou/fou du tandem Navin Ramgoolam/Paul Bérenger. Plus encore, l’électorat a sanctionné prioritairement les excès du régime de Navin Ramgoolam : les abus, les gaspillages, la corruption et le copinage. On peut affirmer que l’électorat a voté CONTRE l’alliance Navin Ramgoolam/Paul Bérenger plutôt que POUR l’Allians Lepep. La campagne électorale courte n’aura par ailleurs pas permis aux forces émergentes de faire entendre suffisamment leurs voix. On a pu assister à une surenchère de promesses électoralistes de la part des partis traditionnels.

Désormais, on a, à la tête du gouvernement, un homme qui n’est membre d’aucun parti. Et on a, aux commandes du ministère des Finances, un homme qui n’est pas membre d’aucun parti.

Comme toujours, le discours programme fût rempli de projets porteurs d’un certain espoir pour la pays. Le projet de “nettoyer le pays” est toujours en haut de l’agenda du présent gouvernement. Le pays a pu assister au grand déballage des “coffres” du Navin Ramgoolam. L’ampleur et la démesure des sommes découvertes ont démontré à quel point le sentiment d’impunité était présent chez les gouvernants d’hier. Le pacte entre les politiciens traditionnels était rompu ! Les enquêtes annoncées sur les corps para publics et grands projets d’infrastructures permettront enfin de faire la lumière sur l’éventuel gaspillage des fonds publics.

Qu’en est-il aujourd’hui? Le ballet des hommes politiques aux Casernes Centrales est continu.

Ceux qui critiquaient l’usage du CCID comme “outil politique” contre les adversaires politiques hier les utilisent aujourd’hui! L’ICAC, censée combattre la corruption, est réduite à sa portion congrue. Au lieu de renforcer et accroître l’indépendance des institutions, de nouveaux organismes liés politiquement sont créés ! Ce qui a été une excellente idée – nommer les personnes « compétentes » à la tête des institutions – a vite été oubliée! On retrouve les mêmes reflexes de copinage accru chez les nouveaux gouvernants. Ou sont les réformes des institutions promises ? La bonne gouvernance serait-il un concept abstrait ou à géométrie variable ? Quid de l’accountability” tant attendue? Le copinage reprend de plus belle – les salaires accordés aux personnes nommées ont pris l’ascenseur !

Certes, le mandat est de 5 ans et il reste encore 4 ans au gouvernement pour redresser la barre et accomplir ses promesses électorales. Beaucoup d’effets d’annonce, peu de réalisations !

Pas de leadership clair !

C’est sur le plan économique surtout que se jugera la performance du gouvernement. Or, nous constatons un ministre des Finances, fâché avec les chiffres, s’inscrit constamment dans l’incantation. L’économie surfe simplement sur un contexte mondial favorable pour les mauriciens. Le prix du pétrole brut a diminué de plus de moitié depuis 1 an, les prix à la pompe ont baissé légèrement, le CEB a engrangé des profits substantiels. Au lieu d’investir dans de l’énergie propre, le gouvernement donne l’aval aux projets utilisant l’huile lourde et le charbon ! Est-il si difficile de lancer des projets exploitant l’éolien, le solaire et l’énergie des vagues ?

La gestion du démantèlement du groupe BAI a été catastrophique pour l’image du pays auprès des investisseurs étrangers. Les mêmes personnes qui étaient aux commandes du conglomérat se retrouvent à la tête des institutions qui ont repris les actifs du groupe BAI ! Cherchez l’erreur et la bonne gouvernance !

Manque de leadership et de direction – discours programme, discours du budget et enfin, vision 2030! Tout miser sur les “Smart Cities”- concept flou et qui va amener une inflation des prix des logements et des terrains constructibles et qui va certainement créer des ghettos, inaccessibles aux « petits » Mauriciens !

Qu’en est-il de la sécurité alimentaire, des terres fertiles transformées en béton, des terres laissées à l’abandon ? Sommes-nous condamnés à importer la majorité de notre alimentation ?

Parler de développer l’économie océanique ne veut nullement dire que c’est fait d’un coup de baguette magique.

Quoi proposer à nos jeunes diplômés ? Faut-il leur apprendre que le copinage est de mise pour obtenir leur premier emploi ?

Réduire les inégalités, augmenter le pouvoir d’achat, proposer des logements décents nécessite un projet politique fort et des décisions courageuses. N’est-il pas temps de transformer les subventions universelles en subventions ciblées?

Ce gouvernement a une majorité confortable et nous demandons que les promesses électorales soient tenues. Les chantiers qui attendent ce gouvernement sont nombreux.

Nous attendons que les élus se retroussent les manches et se mettent au boulot ! Les attentes de la population sont énormes.

Alors, chers élus, faites le travail pour lequel vous avez été élus !

Vive Maurice, Vive La République

Rajeev Gunput

Secrétaire-général du Ralliement Citoyen pour la Patrie

( contact : rcpcdm@gmail.com)

Publicités