BILAN | UN AN DU GOUVERNEMENT: Bis repetita

Une image à elle seule peut caractériser le bilan d’un an de Gouvernement de l’Allians Lepep : « un navire en panne sèche à la dérive » !
L’Allians Lepep, qui est une équipe hétéroclite, a remporté par défaut les élections tant le désir citoyen de sanctionner le Gouvernement sortant de Navin Ramgoolam et l’errance politique de Paul Bérenger était fort.
Au pouvoir, le « nouveau » Gouvernement d’Anerood Jugnauth a bénéficié malgré tout de l’état de grâce dès lors qu’il a honoré ses quelques promesses alléchantes de campagne électorale et il a pu surfer sur les spectaculaires médiatisations des grandes dérives du précédent régime. Toutefois, le désenchantement est vite arrivé.
Dans le mois qui a suivi l’installation du Gouvernement, un des vice-Premiers ministres, Showkutally Soodhun, a été condamné pénalement par la Justice du pays et celui-ci, en bravant les principes moraux, a choisi de s’accrocher à ses fonctions ministérielles. Un deuxième ministre, Premier ministre en attente pour ses partisans, Pravind Jugnauth, a par la suite été lourdement condamné en vertu de la Loi de 2002 sur la lutte contre la corruption pour des faits de prise illégale d’intérêts.
Le copinage, la nomination à des postes clés, des proches, parents, amis, voire même de petites copines pour certains, a pris une ampleur considérable alors qu’un des rares thèmes de campagne de l’Allians Lepep a été le retour de la méritocratie.
Le copinage est accompagné d’un autre phénomène : la dilapidation des fonds publics et l’accaparement des biens publics. Pravind Jugnauth a pu, en ce sens, montré à quel point il est attaché aux privilèges dont jouit son père en tant que Premier ministre en faisant personnellement usage d’une belle voiture de l’État alors même qu’il n’est plus ministre aux frais des contribuables.
Le communautarisme a tout aussi fait un retour féroce à tel point que la présidence est comme réduite à un partage rotatif pour une représentation communautaire ou religieuse. Des principaux ministres se sont davantage comportés en organisateurs de pèlerinage religieux qu’en responsables de la Nation.
Durant les douze derniers mois Maurice a été frappé par une insécurité grandissante : les crimes de sang de plus en plus nombreux et atroces et les accidents mortels de la circulation les uns plus spectaculaires que les autres sans qu’il n’y ait eu une réponse politique à la hauteur de l’enjeu. Parallèlement, le trafic de produits stupéfiants, dont la variété s’est considérablement accrue, fait des ravages et le ministre de la santé n’a que démontré son manque de connaissance de la problématique en se lançant, comme il l’a revendiqué haut et fort, dans des actions de représailles politiques à l’encontre des toxicomanes qui auraient voté contre lui.
Sur le plan économique, l’action du Gouvernement est presque réduite à l’incantation et la méthode Coué malgré les efforts et le dévouement du Ministre de l’Économie et des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo. Les chiffres économiques sont mauvais : le chômage est de retour, la croissance en berne, la dette augmente et l’investissement étranger a considérablement baissé dans un contexte international par définition extrêmement favorable à Maurice. La morosité économique s’y est installée en lieu et place d’un supposé miracle économique.
Il est par ailleurs nul besoin de prendre pour exemple Dan Baboo ou Showkutally Soodhun pour rappeler que l’amateurisme gouvernemental, à une ou deux exceptions près, a atteint un point culminant. La Police s’inscrit indéniablement dans ce même registre.
Enfin, le Gouvernement n’a mis en place aucune réforme structurelle et de fond pour moderniser notre État dans son mode de fonctionnement. De nombreuses lois sont anciennes, inadaptées et dépassées par le temps et ont fini par scléroser le fonctionnement même de l’Administration.
Le VIe Gouvernement d’Anerood Jugnauth, somme toute, ressemble fort à celui dirigé par Navin Ramgoolam dans sa gestion des affaires de l’État. Il a vite été atteint par l’usure et se situe loin des préoccupations des citoyens.

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