Il n’y a plus, sur le plan politique, de contre-pouvoir institutionnel. Le Gouvernement a la main-mise sur tout : la Présidence, le Parlement et les administrations locales. L’Opposition parlementaire est divisée, décrédibilisée, et certains de leurs députés sont engouffrés dans des affaires graves. Leur traversée du désert semble interminable.
La voie est libre pour qu’une pratique arrogante s’installe au Pouvoir. Déjà, le ton et le langage, parfois indécents et déconcertants d’Anerood Jugnauth, le démontrent. Ce n’est plus l’homme sage de la campagne de 2014. Aussi, la tentation sera-t-elle très forte chez lui pour installer son fils, Pravind Jugnauth, à la Primature à sa place en invoquant un éventuel manque de bonne forme ou santé physique pour justifier son retrait. Si ce scénario se réalise prochainement, alors le nouveau Premier ministre souffrira d’un manque de légitimité démocratique car il n’aura pas été choisi initialement par le Peuple, les citoyens de Maurice. Mais disposant d’une forte majorité, il gouvernera d’une main de fer en faisant éventuellement usage de l’appareil étatique pour écraser ses adversaires.
Paul Bérenger est personnellement le Grand Responsable de cette nouvelle répartition politique. C’est lui qui a empêché une vraie alternance d’avoir lieu, en s’alliant successivement avec ses adversaires alors qu’il dirigeait l’Opposition parlementaire. Le MSM de Pravind Jugnauth était KO en 2010 au plus fort de l’affaire Medpoint et c’est Paul Bérenger qui leur a administré un sérum politique. Il a encore une fois raté son rendez-vous avec l’Histoire.
La Nature a horreur du vide. Les partis électoralistes, ceux qui ont vu le jour pendant la dernière campagne aux législatives ont pratiquement disparu. L’espoir d’un renouveau, du changement et de l’alternance ne pourra dès lors venir que du côté des citoyens eux-mêmes.
http://www.lemauricien.com/article/echiquier-politique-vers-pouvoir-absolu

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