Que le Mouvement de Paul Bérenger veuille contracter à tout prix une alliance avec le Parti de Navin Ramgoolam, c’est son droit le plus absolu. Mais que le Leader de l’Opposition en titre veuille dans les mêmes conditions conclure un accord avec le Premier ministre pour faire entrer son Mouvement au Gouvernement, c’est une violation grave et manifeste tant de l’esprit que de la lettre de la Constitution mauricienne.
Le poste de Leader de l’Opposition est une charge unique. La Constitution n’a prévu aucun adjoint ou assistant au Leader de l’Opposition. Il est incarné par une seule personne. Ce poste est essentiel dans un système politique inspiré du modèle de Westminster comme le nôtre.
Il appartient au Leader de l’Opposition de diriger l’opposition parlementaire et d’incarner une alternative dans un régime parlementaire.
L’actuel Leader de l’Opposition ne fait ni l’un ni l’autre. Il est devenu un personnage politique fictif au sein d’un parlement dont la principale activité est les vacances.
En effet, le Parlement n’a que très peu siégé en cette année 2014 avec la grande complicité du Chef de l’Opposition parlementaire, ce qui a eu pour conséquence de le dépouiller de ses pouvoirs et compétences. Lorsque le Parlement ne siège plus, le Leader de l’Opposition devient comme un homme politique ordinaire car son champ d’intervention se situe principalement au Parlement.
Le Leader de l’Opposition ne s’est pas posé, alors qu’il devait être naturel, comme étant un Premier ministre alternatif. Il avait auparavant, au cours de cette même Législature, contracté une alliance électorale avec un autre parti et l’alliance dit Remake était dirigé par un non-parlementaire. En se rapprochant du Gouvernement, il cherche à devenir le second de l’actuel Premier ministre et se présenter devant l’électorat ainsi.
La fonction de Leader de l’Opposition n’est plus exercée. Il va de soi, sur un autre registre, que le traitement (salaire et autres avantages) versé à Paul Bérenger en tant que Leader de l’Opposition sans qu’il n’exerce dans les faits ses fonctions est comme un bien mal acquis par lui.
Le Parlement de Maurice est une déconfiture. Il ne siège que très rarement. Le Premier ministre cumule plusieurs portefeuilles ministériels, dont actuellement celui du ministre de l’économie et des finances en sus de ceux de l’intérieur et de la défense etc. Nous sommes à la veille de la présentation du Budget et, en l’état, il va devoir présenter le Budget de la Nation, ce qui relève d’un très mauvais casting. Il n’a plus, dans les faits, de contradicteur direct au Parlement.
L’image parlementaire de Maurice est atteinte sur le plan international.

http://www.lemauricien.com/article/alliance-ptr-mmm-leader-fictif-l-opposition

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