Sunday, 09 December 2012 11:17

La femme politique est là !Image

      Written by  Shabana Raman

 
 
Un député a récemment tenu des propos insultants et dégradants à l’égard du rôle de la femme dans la société mauricienne. Avant ce député, un autre leader avait injurié sa collaboratrice lors d’un meeting.
Au Ralliement citoyen pour la patrie (RCP), nous sommes très attachés au principe de l’égalité des sexes et à la nécessaire promotion des femmes en politique. 

Il est peut-être difficile de faire évoluer les mentalités. Mais il est primordial d’avoir une plus forte représentation des femmes, même en l’absence de loi. Nous devons prendre des mesures audacieuses pour avoir, sinon la parité, du moins une représentation à peu près équitable de la femme en politique.

À Maurice, peu de femmes sont activement engagées en politique. De plus, les dernières législatives ont démontré que l’accroissement de la place faite aux femmes n’était que timide. Peu de femmes ont obtenu l’investiture des grands partis pour des postes clés ou pour être chefs de file de l’équipe lors d’élections mêmes locales.

Les états-majors politiques doivent s’engager à ce que les orateurs, lors des discours publics, n’utilisent pas de langage vulgaire, insultant et surtout sexiste. Telle que la société mauricienne s’est développée, avec ses mœurs et ses valeurs, la femme sera peu encline à s’engager dans la politique tant que celle-ci apparaîtra sale, indélicate et inélégante.

Sur le plan éducatif, des aménagements sont à prévoir. Une éducation civique et politique doit être dispensée au sein de nos établissements d’enseignement secondaire, afin d’inciter les jeunes élèves, en l’occurrence les jeunes filles, à s’intéresser de manière plus active au fait de la vie publique. L’éducation secondaire est trop limitée au savoir académique. Par ailleurs, il y a lieu de prononcer la généralisation obligatoire de l’éducation mixte, qui contribue à l’apprentissage du respect des différences et à intégrer l’idée de l’égalité réelle des sexes.

Des mesures sont aussi à prendre pour que les femmes soient mieux respectées. Les insultes à caractère sexuel doivent être sévèrement punies par la loi. Elles constituent souvent une entrave à la libre circulation des femmes, à prendre, par exemple, le bus à une heure relativement tardive, etc. Enfin, le harcèlement sexuel doit être tout aussi sévèrement puni. Ces mesures ne constituent qu’une première vague visant à un changement en profondeur de notre société, des mœurs et du machisme social. Un tel mouvement ne peut être qu’irréversible. 
La femme en politique a droit à tout le respect qu’elle mérite.

Shabana Raman

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