Les jeunes : notre priorité au RCP (Paru dans L’Express-Dimanche du 14 octobre 2012)

Les jeunes ont toujours été les moteurs du changement, de bouleversement et de rupture lorsque la société devient sclérosée. Maurice a connu un mouvement de jeunes en 1975 et les revendications de l’époque ont marqué notre devenir. Les pays arabes vivent un bouleversement sociétal sans précédent grâce à une jeunesse qui a su braver la répression.

Le monde connait une crise économique qui perdure. Les jeune

s n’y sont pour rien mais subissent les conséquences, notamment du chômage. Le chômage devient galopant à Maurice. Nous devons pour cela avoir une politique de la jeunesse, leur tendre la main afin d’anticiper intelligemment leur appréhension. L’insertion professionnelle d’un jeune est difficile. Autrefois, le jeune diplômé d’une université de grande réputation trouvait aisément un emploi. Ce temps est révolu. Certains diplômes ne sont même pas reconnus.Chaque jeune mauricien doit pouvoir faire valoir ses talents. Le décrochage scolaire ne doit plus être considéré comme un échec. Nous devons mettre en place un système d’orientation à la jeunesse, une structure qui permet d’identifier chez chaque jeune ses talents, ses aptitudes et l’accompagner dans son évolution naturelle. Ceux qui sont sortis du système éducatif sans qualification doivent pouvoir bénéficier d’une politique de l’insertion valorisée par une véritable profession. L’éducation gratuite seule n’est plus suffisante et ne sert qu’en partie la jeunesse.

Maurice est à un tournant de son développement. Notre relative réussite économique et sociale ne sera plus au rendez-vous si la jeunesse n’est pas dans une situation optimale pour prendre la relève le moment venu. Déjà nous pouvons ressentir un éloignement de beaucoup de jeunes des partis politiques habituels. La jeunesse d’aujourd’hui ne vit plus les mêmes expériences que les générations précédentes quant à ses repères idéologiques. Le rapport à la politique n’est plus le même et il s’exprime désormais autour d’attentes nouvelles et de valeurs telles que l’éthique, la méritocratie, le patriotisme, la République infaillible, la transparence administrative, la lutte contre la fracture sociale, la santé de qualité, l’éducation de pointe, le développement de la culture, le sport et les loisirs.

La jeunesse vit une révolution numérique, génétique, verte, sexuelle, un bouleversement de l’ordre de la pensée, de l’accès à la connaissance et de l’intelligence. Les jeunes doivent être en situation de repenser, le moment venu, leur place par rapport au temps, par rapport à l’argent, par rapport à la vie, par rapport à la nature.

Notre jeunesse a besoin d’une éducation plus élargie et intégrée. Notre éducation est caractérisée par une formation purement académique. Il y a lieu de consacrer une part de civisme, de culture politique afin que la chose politique soit démocratisée à l’ensemble de nos jeunes. Nous devons leur apprendre l’art de vivre : la musique, le cinéma, la littérature, la sculpture, l’architecture, le design, tout ce qui parle aux sens et à l’esprit.

L’accès à la technologie de pointe doit être facilité pour l’ensemble de la jeunesse et non des seuls privilégiés. Les jeunes des quartiers défavorisés ont tout le droit à l’égalitarisme scientifique et technologique. Une véritable politique fiscale est nécessaire. La taxe sur le moyen de communication des jeunes, les sms, doit être abolie.

La jeunesse de Maurice souffre d’un manque de liberté dans la mesure où les facilités d’exercice de celle-ci sont absentes. Il faut mettre fin au plus vite au monopole de la télévision nationale qui étouffe notre jeunesse. La démocratie est trop souvent bafouée au regard de l’absence de débats digne d’une grande nation au parlement, plus souvent en vacances qu’en séance. La sécurité publique n’est pas assurée de manière satisfaisante pour permettre à toute la jeunesse, garçons et filles, de pouvoir se rencontrer, discuter et sortir.

Il est du devoir des politiques de comprendre la jeunesse et de lui tracer un chemin ou à tout le moins de le lui faciliter. Le Ralliement citoyen pour la Patrie (RCP) œuvre en ce sens.

Parvèz Dookhy
Président du RCP

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