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Ces dernières années, le paysage politique de Maurice est comme figé avec les mêmes animateurs, le même discours de part et d’autre et un déballage d’accusations mutuelles. Le jeu politique est confisqué par quatre principaux « partis ». Ce ne sont en réalité pas de véritables organisations politiques, mais des familles et des clans. Le PTR et le MMM correspondent plus à des clans et le MSM et le PMSD à des familles au sens premier des termes. Aucune de leurs structures ne fonctionne de manière démocratique. C’est un seul chef qui décide de tout.

L’Opposition institutionnelle est pervertie. Dans un système parlementaire de type Westminster, il appartient à l’Opposition d’incarner une alternative. C’est d’ailleurs ainsi que le Leader de l’Opposition est considéré comme le Shadow Prime Minister. Or, L’Opposition n’a cherché qu’à se joindre au Gouvernement depuis les élections de 2005. Le MSM, alors dans l’Opposition, l’a fait en 2010. Le MMM a fait plusieurs tentatives, publiquement à la veille des élections en 2010, et d’autres depuis sous différents prétextes (réforme électorale, redistribution des pouvoirs Président/Premier ministres, dossier Chagos etc.) et tout récemment encore. Par conséquent, tout le jeu institutionnel est déréglé au profit du Pouvoir et de l’actuel régime.

Par un positionnement extraordinaire, l’Opposition s’est engouffrée dans des affaires de crimes économiques graves. Alors que l’Opposition MMM a relayé des informations parues dans la presse concernant l’affaire Medpoint, elle a finalement décidé de s’allier avec ceux qui officiellement sont mis en cause par la Commission de lutte contre la corruption dans cette affaire. Le MMM a dès lors définitivement perdu toute morale politique d’autant qu’il a parallèlement tenté de s’associer avec l’actuel régime en dépit du nombre important des affaires mises au jour par la presse.

Sur le plan idéologique tous les partis sont en faillite irréversible. Aucun parti ne fonctionne comme une structure politique de propositions. Ils ont tous été réduits à faire du spectacle ou des cirques pour amuser la galerie. En ce qu’il s’agit plus particulièrement de l’Opposition, elle n’est plus en phase avec le Peuple. Or, la lutte politique a besoin d’être recadrée idéologiquement pour mettre fin à toutes les dérives actuelles.

Sur le registre intellectuel, l’Opposition est en banqueroute complète. Les dirigeants du MMM ont été les derniers des mauriciens à comprendre, et encore ( !), le jeu tacticien du Parti Travailliste à leur encontre. Le MMM s’est fait piégé à plusieurs reprises comme de grands naïfs de la politique.

Aussi, la classe politique a-t-elle besoin d’être renouvelée. Le Remake de Jugnauth-Bérenger est un retour en 1982 à l’envers. Alors qu’en 1982, le Premier ministre sortant, Seewoosagur Ramgoolam, avait 82 ans, en 2012, c’est le prétendant au poste de Premier ministre qui a plus de 82 ans ! La Jeunesse du pays n’est nullement présente dans l’offre du Remake. Le pouvoir politique est aujourd’hui confisqué et se trouve entre les mains de quelques familles uniquement. Trois des principaux partis actuels sont dirigés par des fils des anciens dirigeants. Au MMM, il semblerait que ce même schéma sera mis en place le moment venu. Or, Maurice ne peut être une République des Fils.

La politique mauricienne a besoin de renouveau et de hauteur de vue. C’est dans cet esprit que le « Ralliement Citoyen pour la Patrie » (RCP), précédé du Club des Militants, qui demeure comme un organe du parti, a été créé.

Il y a des moments où l’Histoire doit être bousculée, où un peuple digne de ce nom ne peut continuer à vivre paisiblement à son détriment au profit de quelques-uns.

Le Ralliement constitue un regroupement de citoyens, et non de professionnels de la politique, dont l’objectif est de remettre l’intérêt de la Mère-Patrie (the Motherland) au centre des débats et décisions politiques. L’intérêt de la Patrie toute entière doit primer les intérêts personnels, partisans et ethniques.

Ainsi le Ralliement rassemble des mauriciennes et mauriciens ayant un amour prononcé pour la Patrie, de tous les horizons, de toutes les zones géographiques, y compris des îles lointaines de Maurice, de celles et ceux de l’étranger et toutes celles et ceux qui affirment un attachement aux valeurs fondamentales du patriotisme militant et qui œuvrent pour leur mise en application dans l’action politique à Maurice.

Le patriotisme militant représente un idéal de valeurs, notamment : l’éthique, l’unité, la méritocratie, le dépassement et l’anéantissement du communautarisme, l’intégrité absolu, le patriotisme, l’exigence d’une République infaillible, la sécurité publique, la liberté d’expression, la construction d’un véritable État de droit, la gestion saine des deniers publics, la transparence administrative et financière la promotion de la morale politique, la lutte contre la fracture sociale, la protection de la pureté environnementale de notre île et ses dépendances, l’exploitation privilégiée des énergies renouvelables, le renouvellement de la classe politique, le progrès économique et social accentué, l’autosuffisance alimentaire, le respect de l’intégrité territoriale de la République de Maurice, le développement de toute la Nation entière, la santé de qualité à portée de tous, la justice accessible et effective, l’éducation de pointe, le développement de la culture, du sport, des loisirs, etc.

Tel est, brièvement, le sens de l’engament du Ralliement Citoyen pour la Patrie.

La nouvelle Opposition sera citoyenne, dynamique et cohérente contrairement à celle qui est payée par l’État. Elle incarnera dans la foulée une réelle alternative crédible.

L’équipe du Ralliement sera guidée par cette triptyque : « L’Idée, le Peuple et la Sincérité ».

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